Ah, les gels énergétiques ! Petits, colorés, pratiques… Ils sont partout sur les sentiers, agitant leurs promesses d’énergie instantanée et de « mur » évité. On les voit sortir des poches des traileurs aguerris comme des débutants. Mais au-delà de leur aspect séduisant, t’es-tu déjà demandé quel dialogue ils entretiennent avec ton corps, et plus particulièrement avec ton estomac ? Sur les sentiers, notre corps est notre meilleur allié, et un estomac malmené, c’est l’aventure qui tourne court. Alors, ces petites poches de carburant sont-elles de vrais amis ou des ennemis silencieux pour ton système digestif ? Plongeons ensemble, avec conscience et sans tabou, dans le monde des gels.
L’Appel du Gel : Pourquoi sont-ils si populaires ?
Soyons honnêtes, l’attrait des gels est évident. Imagine : tu es au cœur d’une longue sortie, les kilomètres s’accumulent, l’énergie baisse. D’un simple geste, tu déchires une petite pochette et hop, une dose concentrée de glucides arrive dans ton système. C’est rapide, facile à transporter, et ça demande peu d’effort de mastication quand l’épuisement guette. Ils sont conçus pour te fournir un
Ils sont conçus pour te fournir un apport glucidique rapide, essentiel pour maintenir l’effort sur la durée, surtout quand tes réserves commencent à s’épuiser. C’est l’arme secrète de beaucoup pour
C’est l’arme secrète de beaucoup pour éviter le fameux « coup de mou » ou le « mur ». Et puis, il y a l’effet psychologique : savoir qu’on a ce petit coup de pouce dans la poche peut être incroyablement rassurant.
Mais cette commodité, aussi séduisante soit-elle, ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : écouter notre corps. Si les gels sont un outil puissant, ils ne sont pas une solution miracle et peuvent, s’ils sont mal utilisés, transformer une belle journée en enfer digestif. Le trail, c’est aussi apprendre à décrypter les signaux que nous envoie notre organisme, pas juste à obéir à des protocoles établis.
Quand ton Estomac dit NON : Les Problèmes Courants
Voici le revers de la médaille, celui que beaucoup de traileurs ont connu au moins une fois : les troubles gastro-intestinaux. Crampes, ballonnements, nausées, voire des diarrhées en plein effort… ce n’est pas ce que l’on appelle un dialogue serein avec les sentiers. Mais pourquoi les gels peuvent-ils provoquer ces désagréments ?
- La concentration en sucre : Les gels sont ultra-concentrés en glucides, souvent sous forme de maltodextrine, de glucose et de fructose. Quand une substance très concentrée arrive dans l’estomac, elle peut provoquer un appel d’eau pour diluer cette concentration. Ce mouvement d’eau vers le système digestif peut perturber l’équilibre hydrique, ralentir la vidange gastrique et provoquer des sensations de lourdeur, de ballonnements et, à terme, des crampes ou des envies pressantes.
- Le type de sucre : Certains gels combinent plusieurs types de sucres. Si c’est souvent une bonne stratégie pour utiliser différentes voies d’assimilation et maximiser l’énergie, certains individus sont plus sensibles à certains sucres, comme le fructose, qui peut causer des troubles digestifs chez les personnes qui ont du mal à l’absorber en grande quantité.
- Manque d’eau : C’est sans doute l’erreur la plus fréquente. Un gel doit absolument être pris avec une quantité d’eau suffisante. Sans cette dilution adéquate, la concentration devient trop élevée et les risques de problèmes digestifs augmentent drastiquement. L’eau ne sert pas qu’à t’hydrater, elle est essentielle à l’assimilation correcte de ton apport énergétique.
- Sensibilité individuelle : Nous sommes tous différents. Ce qui fonctionne parfaitement pour ton voisin de sentier peut être une catastrophe pour toi. Les intolérances, le stress de la course, l’état de fatigue… de nombreux facteurs peuvent influencer la réaction de ton estomac.
Ignorer ces signaux, c’est manquer de respect envers soi-même et envers l’expérience du trail. Notre corps nous parle, apprenons à l’écouter attentivement, sans le brusquer avec des apports qu’il ne peut pas gérer.
La Voie de l’Équilibre : Utiliser les Gels avec Conscience
Alors, faut-il bannir les gels ? Absolument pas ! Mais il s’agit de les utiliser de manière intelligente, responsable et consciente. Voici mes conseils pour en faire des amis plutôt que des ennemis :
- Teste, teste et re-teste : C’est la règle d’or. Ne jamais essayer un nouveau gel le jour d’une course. Entraîne-toi à les utiliser pendant tes longues sorties, dans des conditions similaires à celles de la course. C’est la seule façon de savoir comment ton corps réagit.
- Hydratation maximale : Chaque gel doit s’accompagner d’une bonne gorgée d’eau, et pas d’une boisson isotonique qui contient déjà des sucres et des sels. L’eau pure est ton alliée pour diluer le gel et faciliter son absorption.
- Espacement et régularité : Plutôt que d’attendre d’être à bout pour en prendre deux d’un coup, privilégie des prises régulières et plus petites (par exemple, un demi-gel toutes les 30 minutes plutôt qu’un gel entier toutes les heures), si cela est possible avec le type de conditionnement. La régularité maintient un apport énergétique stable sans surcharger l’estomac.
- Varie les plaisirs : Ne mise pas tout sur les gels. L’estomac aime la variété. Alterne avec des aliments plus « naturels » si tu peux : quelques fruits secs, une petite compote de fruits en gourde, une mini-barre énergétique maison. Cela permet d’apporter d’autres nutriments, des fibres et de solliciter différemment ton système digestif.
- Lis les étiquettes : Comprends ce que tu mets dans ton corps. Quels sont les types de sucres ? Y a-t-il des additifs, de la caféine ? Si tu es sensible à la caféine, évite les gels « coup de fouet » ou garde-les pour les moments vraiment critiques.
- Écoute tes sensations : Si tu ressens le moindre signe de gêne, adapte. Ralentis ta consommation, bois plus, ou passe à une autre forme d’apport. Ne force jamais ton corps, il sait ce qui est bon pour lui.
L’idée n’est pas d’être un robot qui suit un plan à la lettre, mais un coureur
L’idée n’est pas d’être un robot qui suit un plan à la lettre, mais un coureur conscient et adaptatif. Le plaisir de l’effort maîtrisé passe aussi par une nutrition respectueuse de notre physiologie.
Au-delà du Gel : Les Alternatives Naturelles et Savoureuses
Pour les courtes distances ou simplement pour offrir une pause à ton estomac, n’oublie pas que la nature regorge de trésors énergétiques, souvent bien mieux tolérés et plus savoureux :
- Les fruits secs : Dattes, abricots, figues… ils sont riches en glucides, faciles à transporter et digestes pour la plupart. Une petite poignée toutes les 45 minutes peut faire des merveilles.
- Les compotes de fruits en gourde : Elles sont hydratantes, riches en sucres naturels et se digèrent souvent très bien. Choisis-les sans sucres ajoutés.
- Les barres énergétiques maison : Tu as le contrôle total sur les ingrédients. Flocons d’avoine, fruits secs, graines, miel… tu peux adapter la recette à tes goûts et à ta digestion.
- Les « pommes de terre » salées : Pour les très longues distances, un petit morceau de pomme de terre cuite avec un peu de sel peut apporter une énergie durable et des électrolytes, le tout sous une forme solide qui permet de varier les textures et les saveurs.
En variant tes sources d’énergie, tu enrichis ton dialogue avec ton corps et tu lui donnes une palette plus large de nutriments à gérer, ce qui peut prévenir la lassitude gustative et les désagréments digestifs.
Conclusion : Ton Corps, Ton Guide sur les Sentiers
Les gels énergétiques sont un outil, pas une obligation. Ils peuvent être de précieux alliés quand ils sont utilisés avec discernement, en pleine conscience de leurs spécificités et de la réaction de ton propre corps. Mon approche, c’est celle de l’autonomie et de la connaissance de soi. Ne laisse personne te dicter ce que tu dois manger sans que tu l’aies expérimenté et validé sur tes propres sentiers.
Le trail est une aventure qui se vit avec tous les sens, y compris ceux de ton estomac. Apprends à l’écouter, à le comprendre, à le nourrir avec respect et intelligence. C’est en cultivant cette connexion profonde avec ton corps que tu trouveras ton propre rythme, ta propre force, et que tu pourras pleinement savourer chaque foulée, chaque paysage, sans être perturbé par un estomac capricieux. Le vrai carburant, c’est celui que ton corps accepte et transforme en plaisir de courir.
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